Occupation rue de Valenciennes : une réquisition légitime
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Occupation rue de Valenciennes : une réquisition légitime avant conversion en logement. Le groupe EELVA au Conseil de Paris soutient Droit au Logement (DAL) et Jeudi-Noir dans la nouvelle réquisition qu’ils ont mis en place au 2, rue de Valenciennes (10e), mettant ainsi à l’abri 60 mal-logés et sans-logis en plein cœur de l’hiver. Cette action citoyenne est un moteur utile pour renforcer les initiatives officielles prises par la Ministre du Logement -lancement d’une procédure de réquisition touchant notamment 44 bâtiments vacants à Paris, qui aboutira au début du printemps- et par les éluEs locaux : sur proposition des écologistes, le Conseil de Paris a notamment décidé en décembre dernier de dresser un inventaire du foncier non utilisé par les congrégations confessionnelles de la capitale. Cet effort s’additionnera à ceux demandés aux autres personnes morales : pouvoirs publiques et entreprises notamment, telle la société hollandaise propriétaire du bâtiment actuellement occupé ans le 10e arrondissement.

«En situation de pénurie, tout bâtiment durablement vacant est une offense aux familles sans-logis : cet immeuble vide depuis deux ans, utilisable immédiatement, doit être occupé jusqu’à sa conversion officielle en logement» soutient Sylvain Garel, président de la commission Urbanisme et Logement du Conseil de Paris.

Communiqué des éluEs EELVA au Conseil de Paris – 7 janvier 2012 

 

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Droit au logement – Jeudi Noir – Réquisition 2 rue Valencienne Paris 10e, depuis le 31 décembre

Rdv à partir de 7h et toute la journée rue Valenciennes dans le 10ème M° Gare du Nord

2 ans, jour pour jour après l’inauguration du bâtiment avenue Matignon, en attendant les réquisitions promises par les pouvoirs publics, l’association Droit Au Logement et le collectif Jeudi-Noir maintiennent la pression !

Depuis le 29 décembre, et lors dun réveillon festif dans l’immeuble, ce sont plus de 60 mal-logés ou sans-logis qui s’installent au 2, rue Valencienne, bâtiment de 2000m² inoccupé depuis 2 ans et propriété d’une holding hollandaise pilotée par un groupe basé au Luxembourg avec des bureaux et filiales à New York et Genève mais aussi aux îles Vierges Britanniques, aux Antilles Néerlandaises ou à Aruba…

Parmi ces mal-logés et sans-logis :
14 familles, hébergées depuis des années dans des hôtels ou en logement indécent, surpeuplés.
Beaucoup d’enfants en bas âge et des adolescents: au total 24
des personnes handicapées, des prioritaires DALO (certains depuis 2008) ;
des demandeurs de logements sociaux sur liste d’attente parfois depuis 11 ans ;
des jeunes actifs précaires.

Outre le logement, ce bâtiment sera ouvert sur le quartier, au mouvement social, et accueillera des activités associatives, militantes et artistiques. Le dessinateur Wozniak a d’ailleurs installé la première exposition hier dimanche 6 janvier 2013.

Des représentants d’associations de chômeurs, altermondialiste, et de syndicats (ATTAC, Solidaire, MNCP, …) seront présents à cette inauguration, et tout au long de la journée.

DAL et Jeudi-Noir demandent en premier lieu au gouvernement que ce bâtiment fasse partie des opérations de réquisition annoncées par la ministre du logement. L’urgence c’est d’utiliser l’ordonnance de 1945 qui offre une mise en œuvre plus sure et plus rapide. C’est cette procédure qui a permis de réquisitionner 135.000 logements depuis 1945 y compris les 1200 réquisitions ordonnées par Jacques Chirac en 1995 et 1996.

DAL et Jeudi-Noir demandent le respect du droit à l’hébergement et de la loi DALO, et dans ce but, la mobilisation de 100 000 logements et bureaux vacants nécessaires : réquisition, mises à disposition des biens publics et HLM vacants, intermédiation locative, taxes sur les logements vides,. Ces mesures d’urgence pourraient permettre de loger jusqu’à 300.000 personnes.

Par ailleurs, DAL et Jeudi-Noir militent pour une politique de construction massive de logements sociaux. Cette politique implique de revenir sur la hausse de TVA dans le bâtiment qui va pénaliser la construction de logements et la rénovation thermique.

Enfin, DAL et Jeudi-Noir réclament une véritable régulation des loyers, de l’immobilier et du foncier, et une baisse des loyers dans les zones tendues.

Communiqué DAL. Paris le 7 janvier 2013 – 4h30

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Un immeuble parisien « réquisitionné » pour des mal-logés

 Un immeuble désaffecté du nord-est parisien a été « réquisitionné » par Droit au logement (DAL) et Jeudi Noir, qui veulent en faire un nouveau lieu symbolique du mal-logement, à l’instar de leur squat de plusieurs années rue de la Banque, près de la Bourse.

A la différence de la maternité désaffectée occupée la semaine dernière, cet immeuble est « utilisable immédiatement » comme hébergement, affirment ces deux associations, souhaitant que le bâtiment soit rapidement converti en logements.

Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du DAL, a demandé lundi que « le gouvernement réquisitionne ce logement ».

Une soixantaine de personnes sans logement se sont installées depuis le 29 décembre dans les 2.000 m² de ce bâtiment en briques de trois étages. Situé entre les gares du Nord et de l’Est, il est vide depuis deux ans, selon Simon du DAL: « Il appartient à une société hollandaise basée au Luxembourg ». Jusqu’en 2010, il abritait les bureaux d’une chaîne d’horlogerie-bijouterie.

Outre des mal-logés, les militants entendent y installer des associations et des artistes, comme ce qui avait été fait de fin 2006 à 2011 dans un immeuble rue de la Banque, dans le centre de la capitale. Evacué volontairement en octobre 2011, ce bâtiment est en travaux pour être transformé en logements sociaux.

L’occupation actuelle est destinée à « rappeler aux propriétaires qu’il est indécent de laisser des logements » vides en cette période, a dit Jean-Baptiste Eyraud.

Selon lui, la police ne devrait pas intervenir rapidement pour les déloger, puisque les squatteurs disent occuper le lieu depuis plus de 48 heures, délai qui oblige le propriétaire à entamer une éventuelle procédure judiciaire, souvent longue, pour récupérer son bien.

Répit

Au total, « 14 familles hébergées depuis des années dans des hôtels ou en logement indécent surpeuplé, dont 24 enfants et adolescents » occupent le bâtiment, selon le DAL et Jeudi noir.

Parmi elles, des personnes handicapées, des prioritaires Dalo (droit au logement opposable), des demandeurs de logements sociaux et des jeunes actifs précaires.

Des élus étaient présents sur place, comme le maire PS du Xème arrondissement Rémi Féraud, « en visite de soutien », ou le député européen EELV Yannick Jadot, qui a jugé que la ministre du Logement Cécile Duflot faisait « son travail dans un contexte difficile. On sait que ce n’est pas ce gouvernement qui est à l’origine de cette situation mais il a les instruments » pour y remédier.

Les familles ont installé matelas et affaires personnelles dans les pièces de l’immeuble bien chauffées, équipées de moquette, avec sanitaires et cuisine commune.

Pour Nouzah Lacombe, cette installation offre une pause bienvenue, après un défilé d’hôtels où cette quadragénaire a été contrainte de trouver refuge avec ses trois enfants de 10 à 17 ans. Expulsée de son logement après une séparation, elle dit être « prioritaire Dalo » depuis 2008, mais l’Etat, qui a obligation de la reloger, ne lui a fait aucune proposition.

Même impasse pour Fariza Taleb, hébergée avec son mari et ses trois garçons de 4 à 9 ans « dans une chambre de 9 m2 » chez ses parents. « On demande un logement social depuis 2004 », explique-t-elle, savourant le « répit » que constitue ce squat.

Le gouvernement a lancé depuis octobre des procédures de réquisition de logements vides pour accueillir des sans-abri, mais elles ne pourront aboutir avant la fin de l’hiver.

AFP  – Par Aurélie CARABIN – PARIS, 07 jan 2013